Jacaranda G. Faye
Huit ans après Petit Pays, son deuxième roman, Jacaranda, raconte comment une société se reconstruit après l’indicible d’un génocide : que fait-on de la violence, des envies de vengeance ? Comment faire société alors que les victimes vivent à côté de leurs bourreaux ? En 1994, Milan le narrateur a douze ans et se heurte sans comprendre au mutisme de sa mère qui, s'étant toujours soigneusement gardée d'évoquer son passé et son pays d'origine depuis son arrivée en France une vingtaine d'années plus tôt, se referme plus que jamais lorsque le génocide fait malgré tout effraction chez eux par le biais des médias. Dès lors et pendant ce qui durera une bonne partie de sa vie, Milan n'aura de cesse de comprendre les raisons du silence maternel. A mesure de ses séjours au Rwanda, le jeune homme passe progressivement d'une posture d'étranger que tout surprend, voire rebute, et qui lui vaut d'être traité en muzungu, autrement dit en Blanc malgré son teint métissé, à celle d'un véritable enfant du pays, aux attaches suffisamment puissantes pour qu'il n'ait plus envie de repartir et fasse sien le combat des habitants pour leur avenir.


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