mercredi 19 décembre 2012

La nuit de la lézarde M.Mokeddem

Aucune fumée ne s'élève de ce ksar sur lequel tombe le crépuscule. Il n'y a pas d'enfants dans ses venelles. Pas d'hommes accroupis dehors par petits groupes à discuter. Pas de femmes affairées dans les cours. Pas de portes aux maisons béantes comme des orbites vides. Le silence est total.



Une femme reste vivre dans un ksar abandonné par les hommes, son seul compagnon un aveugle. la nuit et la lumière, poésie en pays en guerre: l'Algérie.

mardi 18 décembre 2012

Wild, Nicolas Kaboul Disco, Tome 2 : Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan

"le meilleur qu'on puisse ramener des voyages, c'est soi même sain et sauf" sagesse persane.
Un résumé incompréhensible du tome 1 pour ceux qui comme moi ne l'ont pas lu, avant de retrouver Nicloas illustateur à l'agence Zendagui en Afghanistan.
Drôle, tendre dans cette difficile campagne contre la consommation d'opium.

Très recommandable, faudra lire le tome 1 pour mieux le connaître.

lundi 17 décembre 2012

Breviaire des artificiers M.Enard

Ici commence ce mien discours, breviaire et manuel, pour l'édification des débutants artificiers et apprentis terroristes.
Je rencontrai mon maître peu après son arrivée dans notre belle île des Caraïbes. De fait, moi, Virgilio, lui fus loué en même temps que la magnifique villa où il s'installa; ma fonction était d'entretenir le jardin et m'occuper du ménage. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que, au milieu des familles de colons qui occupaient habituellement cette résidence, arrivait un homme seul, d'un âge incertain, de provenance inconnue, avec pour tout équipage une malle de livres, une paire de sandales et un bâton de pélerin. Je le pris immédiatement en grippe.

Drôle, augrenu, instructif, ce manuel de terrorisme à l'usage des débutants éclaire la lanterne de tous ceux qui sont mûrs pour recevoir les leçons de sagesse d'un terroriste expérimenté et convaincu.

lundi 10 décembre 2012

Sang d'encre au 36 H.Jourdain

"Sans cesse sur le métier il faut remettre l'ouvrage." C'est ainsi que Daniel Duhamel, récemment promu chef de groupe à la Brigade criminelle, résumait l'une des facettes de son métier. Vous pouviez vous considérer comme l'un des meilleurs, avoir résolu les plus belles des affaires, , participé à l'arrestation des plus "beaux mecs" de la pègre parisienne, il n'en restait pas moins que les compteurs revenaient à zéro aux abords d'une nouvelle scène de crime. Identifier le cadavre, entendre les témoins, annoncer la mort aux proches, assister le médecin légiste lors de l'autopsie, tirer les ficelles, confronter les idées, monter le dossier, vérifier les alibis, travailler les pistes, mettre hors d'état de nuire, obtenir des aveux, etc. Du boulot en perspective, des jours de labeur, des nuits d'insomnie et de doutes. Métier passionnant, disaient les profanes à l'issue d'une soirée télévisée sur le suivi d'un groupe d'enquêteurs s'affairant à identifier le meurtrier d'une grand-mère; métier aliénant, r´pondait le commandant de police en écho, debout, dans ce grand boulevard d'Epinay-sur-Seine, à quelques mètres du cadavre de Rémy Jacquin.

Le premier d'une longue liste de meurtres commis par un fana de G.S.Pas mal, on accroche assez longtemps, à suivre...

dimanche 2 décembre 2012

El capital Costa Gavras

Adaptation du livre éponyme d'un ancien banquier d'affaires sur le milieu de la haute finance.
« Les Américains veulent que je licencie, les Français que je me casse la gueule, et mes collaborateurs me savonnent la planche ». Ces phrases viennent de la bouche de Marc Tourneuil, un requin frayant dans les eaux troubles de la haute finance.

« Il est cynique, un homme sans qualités, un banquier sans scrupules » définit l’acteur franco-marocain Gad Elmaleh ce personnage à qui il lui prête ses yeux bleu et son allure glaciale. Dans Le Capital, on voit Marc Tourneuil prendre la présidence d'une grande banque européenne, et mettre en œuvre un plan social drastique pour satisfaire des actionnaires américains. Costa-Gavras, cinéaste engagé depuis ses débuts, livre un film désabusé, presque désespéré : « Je voulais quand-même que ce soit un film qui dérange à la fin, et peut-être même qu’il désespère un tout petit peu, parce que, je crois aussi que dans le fond du désespoir on commence à réagir. »

Le film manque de rythme, bonne interprétation de Gad Elmaleh.

samedi 1 décembre 2012

Mourir partir revenir. Le jeu des hirondelles Abirached

"Nous sommes à Beyrouth, dans les années 80, au 38 de la rue Youssef Semaani, et plus précisément, dans l’entrée de l’appartement du premier étage.
Comme c’est la pièce la plus sûre de la maison – et donc de l’immeuble, puisque l’appartement est au premier étage – tous les voisins sont là aussi.
Dans cette entrée il y a l’histoire de chacun des personnages, l’histoire qu’ils ont en commun, celle du microcosme qu’ils forment et l’histoire de la moitié de ville que Beyrouth était devenue.
Dans cette entrée, il y a aussi une tenture.
Dans cet intérieur exigu où elle est présente d’abord en toile de fond, elle matérialise petit à petit la guerre qui fait rage à l’extérieur.
Cette tenture est le fil conducteur de l’histoire que je raconte. » Zeina Abirached
Solidarité, famille, exil, tendresse, émotions et humour à l'encre de chine et la calligraphie arabe. Excellent.