mercredi 8 septembre 2010

Syngué sabour Atiq Rahimi

La chambre est petite. Rectangulaire. Ell est étouffante malgré ses murs clairs, couleur cyan, et ses deux rideaux aux motifs d'oiseaux migrateurs figés dans leur élan sur un ciel jaune et bleu. Troués ça et là, ils laissent pénétrer les rayons du soleil pour finir sur les rayures éteintes d'un kilim. Au fond de la chambre, il y a un autre rideau. Vert. Il cache une porte condamnée. Ou un débarras.
La chambre est vide. Vide de tout ornement. Sauf sur le mur qui sépare les deux fenêtres où on a accroché un petit kandjar et, au-dessus du kandjar, une photo, celle d'un homme moustachu. Il a peut-être trente ans. Cheveux bouclés, visage carré, tenu entre parenthèses par deux favoris, taillés avec soin. Ses yeux noirs brillent. Ils sont petits, séparés par un nez en bec d'aigle.
Une femme veille son mari blessé dans une vulgaire bagarre, un héros de la Djihad à qui on l'a mariée et qu'elle a attendu trois ans. Il n'en finit pas de mourir, alors pour la première fois elle lui raconte ses secrets...rappelle Cinco horas con Mario.

mardi 7 septembre 2010

Eldorado Laurent Gaudé


A Catane, en ce jour, le pavé des ruelles du quartier du Duomo sentait la poiscaille. Sur les étals serrés du marché, des centaines de poissons morts faisaient briller le soleil de midi. Des seaux, à terre, recueillaient les entrailles de la mer que les hommes vidaient d'un geste sec. Les thons et les espadons étaient exposés comme des trophées précieux. Les pêcheurs restaient derrière leurs treteaux avec l'oeil plissé du commerçant aux aguets. La foule se pressait, lentement, comme si elle avait décidé de passer en revue tous les poissons, regardant ce que chacun proposait, jugeant en silence du poids, du prix et de la fraîcheur de la marchandise.
Le vieux commandant Piracci surveille la mer, ramasse les émigrants qui s'aventurent vers l'Eldorado européen pour les livrer aux carabineri. Jusqu'au jour où la rencontre avec une femme qui vient de survivre à son enfant le ramène à la réalité. Doréanavant il cesse de croire à sa mission, abandonne son monde et fera la traversée inverse.
On n'arrive pas à comprendre ce revirement chez le commandant, est-ce sa jeunesse et sa force disparues qui le poussent au large?

lundi 6 septembre 2010

Espejos Eduardo Galeano

De deseo somos
La vida, sin nombre, sin memoria, estaba sola. Tenía manos, pero no tenía a quién tocar. Tenía boca, pero no tenía con quién hablar. La vida era una, y siendo una era ninguna.
Entonces el deseo disparó su arco. Y la flecha del deseo partió la vida al medio, y la vida fue dos.
Los dos se encontraron y se rieron. Les daba risa verse, y tocarse también.

dimanche 5 septembre 2010

El lenguaje silencioso E.T.Hall

El tiempo habla. Habla más claramente que las palabras. El mensaje que transmite se manifiesta de un modo categórico y transparente. Está sujeto a menos deformaciones que el lenguaje hablado porque se manipula menos conscientemente. Puede gritar la verdad allá donde las palabras mienten.
Una vez fui miembro de una comisión sobre relaciones humanas encomendada por el alcalde de una gran ciudad. Mi comercio consistía en determinar qué probabilidades había de que los diferentes negociados municipales adoptasen prácticas no discriminatorias. El primer paso en este proyecto era entrevistar a los jefes de departamento, dos de los cuales eran miembros de grupos minoritarios. Si se había de creer las palabras de aquellos funcionarios, parecía que todos estaban más que deseosos de acoger las prácticas laborales no discriminatorias. Sin embargo, sentía que, a pesar de lo que decían sólo en uno de los casos había alguna posibilidad de cambio. ¿Por qué? La respuesta radica en cómo utilizaron el lenguaje silencioso del tiempo y el espacio.

samedi 4 septembre 2010

Marketing, disent-ils


Dix huit analyses navrées de la publicité contemporaine Josée Oeil-de-Boeuf
Un rêve d'enfant
Ses parents, c'est les deux, là-bas, tout au fond, sous le parasol rayé.Elle: maillot une pièce blanc, sobre et chic, grand cabas beige. Lui: bermuda orange et corps d'athlète. En un mot: de bons et beaux bourgeois.On est en automne: voyez plutôt dans le fond de l'image les six clampins sur la plage, habillés de pied en cap alors que l'ombre indique qu'on est dans le creux de l'après-midi. Et on est sans doute en Bretagne: pays des crabes dormeurs, Cancer pagurus, ou encore tourteaux à pinces noires.(publicité Crédit mutuel)

jeudi 5 août 2010

Dans les bois éternels Vargas F,

En coinçant le rideau de sa fenêtre avec une pince à linge, Lucio pouvait observer le nouveau voisin mieux à son aise. C'était un petit gars brun qui montait un mur de parpaings sans fil à plomb, et torse un sous un vent frais de mars. Après une heure de guet, Lucio secoua rapidement la tête comme un lézard met fin à sa sieste immobile, détachant de ses lèvres sa cigarette éteinte,
Celui-là, dit-il en posant finalement son diagnostic, pas de plomb dans la tête, pas de plomb dans les mains. Il va sur son âne en suivant sa boussole. Comme ça l'arrange.
Eh bien laisse-le, dit sa fille, sans conviction.
Je sais ce que j'ai à faire, Maria.
C'est surtout que tu aimes tracasser le monde avec tes histoires.
Le père fit claquer sa langue contre son palais.
Tu aprlerais autrement si tu avais des insomnies. L'autre nuit, je l'ai vue comme je te vois.
Oui, tu me l'as dit.
Adamsberg doit retrouver le fou qui tue les cerfs pour leur arracher le coeur, les vierges pour les déterrer ensuite et scalper une touffe de cheveux, des reliques d'un saint, le tout étant indispensable à l'élaboration d'une potion qui rendra immortel celui qui la boira. Un peu trop incroyable et tordu...