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dimanche 19 mai 2019

Les porteurs d'eau A.Rahimi

Elle, Rina, dort; toi, Tom, tu songes.
Il faut quitter le lit.
Et partir.
Dehors, il pleut; tu entends le fracas de la pluie battante qui s'écrase contre la fenêtre; et avec elle, toute envie de quitter le lit, et de partir.
Tu as froid; le soleil aussi. L'aube, indécise comme toi, peine à se lever, laissant la chambre sombrer dans un roi absolu. Tu doutes de tes yeux grands ouverts. Que tu les fermes ou non, rien ne change. Quelqu'un a dû éteindre la veilleuse du couloir. Rina? Certainement pas, sinon tu t'en serais aperçu. Comme tous les soirs, vous avez laissé la porte de la chambre entrouverte pour veiller sur Lola, votre fille sonnambule; Rina n'a pas quitté votre lit conjugal; et toi, tu n'as pas fermé l'oeil de la nuit.

L'action se situe le 11 mars 2001, le jour où les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyan. Deux personnages, Tom réfugié afghan habite Paris avec sa femme et sa fille, il s'apprête à partir pour Amsterdam rejoindre sa jeune maîtresse, Nuria la mystérieuse. Et à Kaboul, Yûsef, porteur d'eau, candide et solitaire, amoureux de sa belle-soeur dont il a la garde puisque son frère est parti.
Décevant ce roman qui se veut conte poétique.

mardi 14 octobre 2014

Maudit soit Dostoïevski A.Rahimi

A peine Rassoul a-t-il levé la hache pour l’abattre sur la tête de la vieille dame que l’histoire de Crime et châtiment lui traverse l’esprit. Elle le foudroie. Ses bras tressaillent ; ses jambes vacillent. Et la hache lui échappe des mains. Elle fend le crâne de la femme, et s’y enfonce. Sans un cri, la vieille s´’écroule sur le tapis rouge et noir. Son voile aux motifs de fleurs de pommier flotte dans l’ai avant de choir sur son corps replet et flasque. Elle est secouée de spasmes. Encore un souffle, peut-être deux. Ses yeux écarquillés fixent Rassoul, debout au milieu de la pièce, l’haleine suspendue, plus livide qu’un cadavre.
En Afghanistan en guerre, un jeune homme tue pour sauver sa fiancée, désarroi et étrangeté vont le conduire à la mort. Angoissant.

samedi 26 octobre 2013

La piedra de la paciencia Rahimi

En alguna parte, en Afganistán o en otro país desgarrado por la guerra… una preciosa mujer de unos treinta y pocos años cuida de su marido en un cuarto destartalado. El hombre yace en estado vegetativo después de haber recibido una bala en el cuello. No solo le han abandonado sus compañeros de la yihad, sino sus propios hermanos de sangre. Un buen día, la mujer empieza a hablar con su silencioso marido. Le habla de su infancia, de sus sufrimientos, frustraciones, de su soledad, sus sueños, sus deseos… Le toca y le besa, algo a lo que jamás se habría atrevido antes, a pesar de llevar casados veinte años. Así es como el paralítico se convierte en “syngué sabour”, una piedra mágica que, según la mitología persa, protege de la tristeza, el sufrimiento, el dolor y la miseria. Mientras espera que su marido regrese a la vida, la mujer lucha por sobrevivir. Se refugia en casa de su tía, que es prostituta y el único miembro de su familia que la entiende. La mujer intenta liberarse del dolor mediante las atrevidas palabras que dirige a su marido. Al cabo de muchas semanas de cuidar de él, acaba revelándose a través de la relación que empieza con un joven soldado. (fuente) MÁGNIFICA.

mercredi 8 septembre 2010

Syngué sabour Atiq Rahimi

La chambre est petite. Rectangulaire. Ell est étouffante malgré ses murs clairs, couleur cyan, et ses deux rideaux aux motifs d'oiseaux migrateurs figés dans leur élan sur un ciel jaune et bleu. Troués ça et là, ils laissent pénétrer les rayons du soleil pour finir sur les rayures éteintes d'un kilim. Au fond de la chambre, il y a un autre rideau. Vert. Il cache une porte condamnée. Ou un débarras.
La chambre est vide. Vide de tout ornement. Sauf sur le mur qui sépare les deux fenêtres où on a accroché un petit kandjar et, au-dessus du kandjar, une photo, celle d'un homme moustachu. Il a peut-être trente ans. Cheveux bouclés, visage carré, tenu entre parenthèses par deux favoris, taillés avec soin. Ses yeux noirs brillent. Ils sont petits, séparés par un nez en bec d'aigle.
Une femme veille son mari blessé dans une vulgaire bagarre, un héros de la Djihad à qui on l'a mariée et qu'elle a attendu trois ans. Il n'en finit pas de mourir, alors pour la première fois elle lui raconte ses secrets...rappelle Cinco horas con Mario.

vendredi 25 janvier 2008

Le journal de Yalda

Je mets les voiles
Je ne sais pas comment j'ai enlevé le mien. Je l'ai enlevé c'est tout. Petite, je me disais: jamais je ne le quitterai. J'étais une jeune fille bien élevée. Je me souviens de la première fois où je l'ai porté, j'avais sept ans. J'allais à l'école de mon quartier, le secteur I-10/1 d'Islamabad, avec ma soeur aînée. Les deux premiers jours, ma mère nous a accompagnées. Puis, elle nous a laissées y aller seules. Quinze minutes à pied qui me paraissaient interminables à cause du soleil de plomb