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samedi 25 juillet 2020

Quand sort la recluse F.Vargas

Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête de vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13ème arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d’une brebis et la bête l’y avait enfoncé d’un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre son portable, et Adamsberg l’avait appréciée à sa juste valeur.

On rencontre des araignées, loxosceles rufescens, les araignées recluses et inévitablement ça nous mènera à ces femmes recluses apparues au Moyen-Age selon Danglard. Les circonvolutions complexes du cerveau de notre commissaire Adamsberg vont générer des tas de « proto-pensées », de ces bulles obsédantes qui le laissent tout à coup tétanisé en plein déplacement, figé et hagard. Fred Vargas signe un polar érudit et élégant, finement écrit, qui peut faire autant des liens sémantiques entre le monde des insectes et celui des humains que des références au Moyen-Âge tout en développant une intrigue touffue.

samedi 18 juillet 2020

Un lieu incertain F.Vargas

Le commissaire Adamsberg savait repasser les chemises, sa mère lui avait appris à aplatir l'empiècement d'épaule et à lisser le tissu autour des boutons. Il débrancha le fer, rangea les vêtements dans la valise. Rasé, coiffé, il partait pour Londres, il n'y avait pas moyen de s'y soustraire.
Il déplaça sa chaise pour l'installer dans le carré de soleil de la cuisine. La pièce ouvrait sur trois côtés, il passait donc son temps à décaler son siège autour de la table ronde, suivant la lumière comme le lézard fait le tour du rocher. Adamsberg posa son bol de café côté Est et s'assit dos à la chaleur.
Il était d'accord pour aller voir Londres, sentir si la Tamise avait la même odeur de linge moisi que la Seine, écouter comment piaillaient les mouettes. Il était possible que les mouettes piaillent différemment en anglais qu'en français. Mais ils ne lui en laisseraient pas le temps. Trois jours de colloque, dix conférences par session, six débats, une réception au ministère de l'Intérieur. Il y aurait plus d'une centaine de flics haut de gamme tassés dans ce grand hall, des flics et rien d'autre venus de vingt-trois pays pour optimiser la grande Europe policière et plus précisément pour «harmoniser la gestion des flux migratoires». C'était le thème du colloque.
La langue est un des thèmes du roman : incapacité à parler une langue étrangère banale et faculté à intégrer les mots d'une langue complexe, écriture latine et écriture cyrillique, confusion des sens, invention de mot (le "Plog", à la fois enfantin et génial dans ce qu'il représente et de par son origine, son "étymologie"), absence de mots pour nommer ce qui n'a jamais existé etc.

dimanche 14 octobre 2012

Sous les vents de Neptune F.Vargas

Adossé au mur noir de la cave, jean Baptiste Adamsberg considérait l'énorme chaudière qui, l'avant-veille avait stoppé toute forme d'activité. Un samedi 4 octobre alors que la température extérieure avait chuté aux alentours de 1º, sous un vent droit venu de l'Arctique. Incompétent le  commissaire examinait la calandre et les tuyauteries silencieuses, dans l'espoir que son regard bienveillant ranime l'énergie du dispositif, ou bien fasse apparaître le spécialiste qui devait venir et qui ne venait pas.


Le commissaire reprend la course au fantôme du juge Fulgence qui des années auparavant causa la disparition de son frère. Au Québec, le Trident réapparaît, Adamsberg dans de beaux draps, accusé de meurtre devra remettre en place les pièces du puzzle pour sauver sa peau. heureusement les femmes sont de son côté: le lieutenant Retancourt, Bernadette et Josette.

jeudi 5 août 2010

Dans les bois éternels Vargas F,

En coinçant le rideau de sa fenêtre avec une pince à linge, Lucio pouvait observer le nouveau voisin mieux à son aise. C'était un petit gars brun qui montait un mur de parpaings sans fil à plomb, et torse un sous un vent frais de mars. Après une heure de guet, Lucio secoua rapidement la tête comme un lézard met fin à sa sieste immobile, détachant de ses lèvres sa cigarette éteinte,
Celui-là, dit-il en posant finalement son diagnostic, pas de plomb dans la tête, pas de plomb dans les mains. Il va sur son âne en suivant sa boussole. Comme ça l'arrange.
Eh bien laisse-le, dit sa fille, sans conviction.
Je sais ce que j'ai à faire, Maria.
C'est surtout que tu aimes tracasser le monde avec tes histoires.
Le père fit claquer sa langue contre son palais.
Tu aprlerais autrement si tu avais des insomnies. L'autre nuit, je l'ai vue comme je te vois.
Oui, tu me l'as dit.
Adamsberg doit retrouver le fou qui tue les cerfs pour leur arracher le coeur, les vierges pour les déterrer ensuite et scalper une touffe de cheveux, des reliques d'un saint, le tout étant indispensable à l'élaboration d'une potion qui rendra immortel celui qui la boira. Un peu trop incroyable et tordu...

samedi 3 juillet 2010

Debout les morts F.Vargas

-Pierre, il y a quelque chose qui déraille dans le jardin, dit Sophia.
Elle ouvrit la fenêtre et examina ce bout de terrain qu'elle connaissait herbe par herbe. Ce qu'elle y voyait lui faisait froid dans le dos.
Pierre lisait le journal au petit déjeuner. C'était peut-être pour ça que Sophia regardait si souvent par la fenêtre. Voir le temps qu'il faisait. C'est quelque chose qu'on fait assez souvent quand on se lève. Et chaque fois qu'il faisait moche, elle pensait à la Grèce, bien entendu. Ces contemplations immobiles s'emplissaient à la longue de nostalgies qui se dilataient certains matins jusqu'au ressentiment. Ensuite, ça passait. Mais ce matin, le jardin déraillait.
Si vous n'avez rien lu de Fred Vargas, il vaut mieux ne pas commencer par celui-là, j'ai mis plus de cent pages à m'y intéresser, c'est bien parce que c'est du Fred Vargas que j'ai continué. Ensuite, j'ai accroché mais en pointillé, la résolution du crime est surprenante, certes. Mais pas convaincante