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dimanche 17 mars 2024

Le temps est assassin M. Bussi

- C'est ici. Clotilde posa son petyit bouquet de serpolet mauve au bord de la rembarde de fer. Elle avait demandé à Franck de s'arrêter quelques lacets plus haut, pour le cueillir dans les gènets qui poussaient entre les rochers de la Petra Coda. Assez pour trois. Franck fit de même, sans quitter plus d'une seconde du regard la route. La Passat était garée sur le côté, avec les warnings qui clignotaient. Valentine se pencha  la dernière, en y mettant une évidente mauvaise volonté, comme si incliner son mètre soixante-dix constituait un effort démésuré. Ils se tenaient là tous les trois, face au trou de vingt mètres. La mer bouillonnante entre les écueils tentait inlassablement de violacer les rocher rouges, accrochant des micro-algues brunes aux fissures des pierres, telles des tâches de vieillesse sur une peau ridée.

L'auteur nous emmène en Corse. Clotilde Idrissi, petite-fille d'une personnalité de la région de Calvi, revient sur l'ile de beauté 27 ans après l'accident de voiture qui a couté la vie à ses parents et à son frère. Son pèlerinage ne se passera pas comme elle se l'imaginait. Bussi alterne le présent et le passé ce qui donne un style tout à fait particulier. En multipliant les fausses pistes l'auteur joue avec nous, il nous tient en haleine, nous ne pouvons qu'aller jusqu'à la fin de ce thriller à suspense. D'une écriture rythmée le roman se lit facilement, les personnages sont attachants. Mais
j'avoue que j'ai trouvé le dénouement un peu « tiré par les cheveux ». La dernière partie qui nous propulse dans les années 2020 est superflue….


mercredi 14 juin 2023

Nouvelle Babel M. Bussi

Comme chaque matin , Rupert Welt contemplait la longue plage blanche de Tetamanu. Si la téléportation n'avait pas été inventée, ça n'aurait rien changé, il aurait pu vivre le reste de sa vie ici, dans cet atoll des Tuamotu ensoleillé toute l'année, loin de toute terre habitée. Il fit quelques pas dans le sable et rappela son chien. Le berger allemand courait une centaiene une centaine de mètres devant lui, s'amusant à pousser du bout du museau les noix de coco tombées des palmiers. 

Michel Bussi nous plonge ici dans une utopie: une société universelle où la Terre est propriété de tous, où les Etats tels que nous les connaissons n'existent plus, les habitants n'étant plus Français, Brésiliens ou Américains mais Terriens, un monde où tous parlent la même langue. Les religions n'existent plus, toutes les décisions sont prisent de façon collégiale et la téléportation humaine est devenue le seul moyen de locomotion. Malheureusement, on n'y croit pas trop tant ces changements se seraient produits à une vitesse vertigineuse. Il y a bien une enquête policière qui fait suite à une tuerie qui a eu lieu sur l'atoll de Rupert, en Polynésie. Elle est en fait le point de départ d'une plus vaste opération, dans le contexte sensible de la grande fête du centenaire de la téléportation, la Nouvelle Babel. Mois prenant que d'autres Bussi.


lundi 29 août 2022

Nymphéas noirs M. Bussi

Trois femmes vivent dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. Leur village portait un joli nom de jardin, Giverny.La première habitait dans un grand moulin au bord d'un ruisseau, sur le chemin du Roy; la deuxième occupait un appartement mansardé au-dessus de l'école, rue Blanche-Hoschedé-Monet; la troisième vivait chez sa mère, une petite maison dont la peinture aux murs de décollait, rue du Chàteau-d'Eau. Elles n'avaient pas non plus le même âge. Pas du tout. La première avait plus de quatre-vingts ans et était veuve. Ou presque. La deuxième avait trente-six ans et n'avait jamais trompé son mari. Pour l'instant. La troisième avait onze ans bientôt et tous les garçons de son école voulaient d'elle pour amoureuse. la première s'habillait toujours de noir, la deuxième se maquillait pour son amant, la troisième tressait ses cheveux pour qu'ils volent au vent. 

Le récit alterne entre trois personnages féminins, le long de 10 jours d’enquête sur un meurtre. Une jeune fille de 11 ans, une instit à la trentaine et une vieille, en point de vue interne qui voit tout ce beau monde et commente avec acrimonie.
Bon, on l’aura compris, il s’agit de la même personne, et l’on nous révèle très tard que les récits se passaient respectivement en 1937, 1963 et, donc, 2010. L’effet est joli, et la supercherie habile pour qui se serait laissé berner.  Le problème, c’est la méthode, la malhonnêteté est assez flagrante. Pendant tout le récit, on nous fait donc croire que ces personnages cohabitent. La vieille assiste à l’enterrement du type qui s’est fait descendre en 1966, et la jeune gamine est – apparemment - dans la classe de la joli instit qui se laisse séduire par l’enquêteur.

jeudi 22 février 2018

Un avion sans elle M.Bussi

23 décembre 1980,00h33
L'Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de dix mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement, avec la sensation terrifiante de s'être assoupi sur le fauteuil d'un manège de foire.
Ce furent les hurlements qui brisèrent net le fragile sommeil d'Izel, pas les soubresauts de l'avion. Les bourrasques, les trous d'air, elle en avaitt l'habitude, depuis presque trois mots qu'elle enchaînait les tours du monde pour Turkish Airlines. C'était son heure de pause. Elle dormait depuis moins de vingt minutes. Elle avait à peine ouvert les yeux que sa collègue de garde, Meliha, une vieille, penchait déjà vers elle son décolleté boudiné.
L'histoire? Un crash d'avion dans le Jura dans les années 80 et pour seul survivant, un bébé de 3 mois. Mais voilà, deux bébés du même âge ont embarqué dans l'avion. L'une Lyse-Rose d'une famille aisée et Emilie enfant d'une famille beaucoup plus modestes. Les deux familles vont s'engager dans une bataille juridique afin de déterminer de quel bébé il s'agit car dans ses années là pas de test ADN possible... 18 ans plus tard, nous suivons l'enquête faite par un détective privé par le biais de son journal, pour enfin savoir qui de Lyse-rose ou de Emilie a survécu.

mardi 12 décembre 2017

Ne lâche pas ma main M.Bussi

-Je monte une seconde à la chambre.
Liane n'attend pas de réponse, elle informe juste sa fille et son mari, enjouée, radueyse, tout en s'éloignant déjà de la piscine. 
Gabin, derrière son bar, la suit des yeux avec une discretion professionnelle. Cette semaine,Liane est la plus belle fille de l'hôtel Alamanda. Et de loin. Pourtant, elle n'est pas exactement le genre de touristes sur lesquelles il aime laissé traîner les yeux, d'ordinaire. Petite, très fine, presque pas de seins, mais elle possède un je-ne-sais-quoi de classe.
Liane et Martial Bellion semblent passer des vacances de rêve avec leur petite fille de 6 ans Josapha, surnommée Sofa à l'hôtel Alamanda, sur l'île de la Réunion. Mais Liane a disparu. Des signes de lutte, des taches de sang, mais plus de vêtements. La traque commence, des dizaines de policiers contre un homme seul et sa petite fille.
L'histoire, tour à tour racontée par les principaux personnages, (même la petite Sofa), fait resurgir des drames du passé, d'autres disparitions, des contentieux anciens entre locaux déchus, entre Cafres et Zoreilles.