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lundi 10 juin 2019

L'insomnie T. Ben Jelloun

J'ai tué ma mère. Un oreiller sur le visage. J'ai appuyé un peu. Elle n'a même pas gigoté. Elle a cessé de respirer. C'est tout. Ensuite j'ai dormi, longtemps, profondément.
J'ai dû dormir des heures, car j'ai fait de nombreux rêves très beaux, lumineux, colorés, parfumés.
C'était la première fois que je passais toute une nuit dans un sommeil profond, apaisant, réparateur. Je ne me suis même pas levé pour pisser. C'est étonnant, car d'habitude c'est toutes les deux heures. J'ai une petite vessie devenue intolérante avec l'âge. Mais là, rien.
D'après l'auteur :  c’est un thriller tragi-comique, j’ai voulu raconter cette histoire avec malice et humour, et même une pointe d’ambiguïté : s’agit-il vraiment d’un criminel, ou ne fait-il que précipiter la mort ? Avec, d’ailleurs, un succès inégal… 
Je n'en garderai pas un grand souvenir.

samedi 26 avril 2008

Partir Tahar ben Jelloun

A Tanger, l'hiver, le café Hafa se transforme en un observatoire des rêves et de leurs conséquences. Les chats des terrasses, du cimetière et du principal four à pain du Marshan se réunissent là comme pour assister au spectacle qui se donne en silence et dont personne n'est dupe. Les longues pipes de kif circulent d'une table à l'autre, les verres de thé à la menthe refroidissent, cernés par des abeilles qui finissent par y tomber dans l'indifférence des consommateurs perdus depuis longtemps dans les limbes du hashich et d'une rêverie de pacotille. Au fond d'une des salles, deux hommes préparent minutieusement la potion qui ouvre les portes du voyage.