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samedi 26 juillet 2025

La pie voleuse R.Guédiguian

2025 France Drame 1h40 Réalisateur Robert Guédiguian Avec Ariane Ascaride, Jean Pierre Darroussin.

Forcée à la retraite par une fermeture d’usine, Maria arrondit ses maigres fins de mois en offrant ses services d’auxiliaire de vie à des personnes  âgées. Afin de louer un piano pour son petit-fils qu’elle voit déjà au conservatoire, Maria a pris l’habitude de subtiliser de petites sommes ici et là, en plus de signer des faux chèques. Or, alors même qu’elle découvre les problèmes de jeu de son mari, voilà que Maria est accusée d’abus de faiblesse par le fils d’un client dont elle est particulièrement proche. 

L’argument laissait plutôt présager un récit dramatique lourd, mais on est ici dans une tragicomédie où la légèreté l’emporte sur la gravité. Le film établit d’emblée le réel dévouement de Maria : elle est aux petits soins avec Robert, notamment dans la préparation de loups de mer frits « exactement comme les aime » le bourru monsieur. Bien sûr, Maria a mal agi, mais pour de bonnes raisons — ce qui n’excuse évidemment rien, quoique. Les pauvres ont-ils le droit de manger des huîtres ou de rêver une vie de luxe?

mercredi 27 juillet 2022

Mali Twist R. Guédiguian

2021 France, Sénégal, Canada 125min Drame Réalisateur Robert Guédiguian Avec Stéphane Bak, Alice Da Luz, Saabo Balde, Bakary Diombera, Ahmed Dramé

Le contexte historique sert Guédiguian. En 1962, le nouveau président Modibo Keïta instaure des politiques qui créent des tensions avec la société marchande, mais aussi avec ceux qui adhèrent aux valeurs occidentales. Dans la polarisation de ce Mali naissant, le cinéaste rappelle que tout est une question de choix. À ses yeux, et à sa manière de conclure son 22e film (un saut en 2012), il ne fait pas de doute : le pays a choisi le mauvais côté.  Fils de commerçant, Samba (Stéphane Bak) embrasse la cause socialiste dont s’éprend le Mali nouvellement indépendant. Les portraits de Mao et de Lumumba font partie de l’univers du jeune militant, qui se promène de village en village pour parler du partage de la terre et d’éducation, cite Aimé Césaire et se bat pour l’égalité des femmes.

L’histoire d’amour qui l’unit à Lara (Alice Da Luz), en fuite d’un mariage selon la tradition bambara, enrichit un récit certes cousu de fil blanc, mais haletant. Et il y a le twist : dans ce Bamako porté par l’espoir d’une nouvelle ère, la jeunesse se déhanche et se défoule au rythme des musiques à la mode, peu importe si elles viennent d’Occident. A voir



mercredi 28 mars 2018

La villa R.Guédiguian

2017 France 107min Directeur Robert Guédiguian Avec Ariane Ascaride (Angèle), Gérard Meylan (Armand), Jean Pierre Darroussin (Joseph), Jacques Boudet (Martin), Anaïs Demoustier, Robinson Stevenin (Benjamin), Yann Trégouët (Yvan), Geneviève Mnich (Suzanne).
Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

Dans "La Villa", Robert Guédiguian retrouve ses calanques, ses acteurs (Ascaride, Darroussin, Meylan...), ses utopies... Le film surprend peu, beaucoup de nostalgie du temps d'avant, "C'était mieux avant"un e belle mer toujours présente, deux flash back dont un pour expliquer le drame de Angèle, un peu forcé à mon avis. Par contre, l'autre où apparaissent les trois "frères" il y a 30 ans insouciants et heureux est très drôle. Il semble que l'âge joue chez Guédiguian pour resasser les échecs de la vie aujourd´hui, la place de l'argent, la nature détriute, les immigrants, l'individualisme, bref, les bons sentiments...si ce n'était cet amour naissant qui rend moins triste la séparation de Joseph et de sa jeune fiancée, ces enfants symbole d'avenir . Emouvant mais pas le plus réussi.

vendredi 5 mai 2017

Une histoire de fou Guédiguian

2015 France 140mn Con Ariane Ascaride, Syrus Shahidi, Grégoire Leprince-Ringuet, Simon Abkarian, Razane Jammal, Serge AvedikianA Berlin en 1921, Soghomon Tehlirian tue Talaat Pacha, principal responsable du génocide arménien. Lors de son procès, il témoigne tant et si bien du premier génocide du XXe siècle que le jury populaire l'acquitte. Des années plus tard, à Marseille, le jeune Aram est un idéaliste qui veut que la Turquie reconnaisse les crimes commis. S'il est soutenu par Anouch, sa mère, Hovannes, son père, veut vivre en paix en France. Aram est impliqué dans un attentat visant l'ambassadeur de Turquie. Le diplomate est tué mais Gilles, un étudiant en médecine qui passait par là, perd l'usage de ses jambes. Alors qu'Anouch est dévastée, Aram part pour le Liban en camp d'entraînement... 
D'abord un long prologue, sur un fait historique méconnu et pourtant crucial : le procès à Berlin, en 1921, de Soghomon Tehlirian, qui a assassiné en plein jour Talaat Pacha, l'un des principaux organisateurs du génocide arménien. Procès retentissant : l'accusé est acquitté après moins d'une heure de délibération ! Cette fresque nous projette ensuite à l'orée des années 1980, dans une famille arménienne d'épiciers, à Marseille. Le père, modèle d'intégration, s'est échiné au travail en négligeant ses racines. La mère est plus orgueilleuse, plus revendicative. Leur fils exacerbe la colère maternelle en basculant dans la lutte armée, celle de l'Asala. On le voit commettre un attentat dans lequel un étudiant perd l'usage de ses jambes. Contre toute attente, celui-ci cherche à comprendre et en vient à vouloir rencontrer le terroriste qui a brisé sa vie. Un récit inspiré de ce qu'a vécu José Gurriarán, journaliste espagnol, frappé par un attentat en 1980.

jeudi 3 avril 2014

L'Armée du crime Guédiguian

2009, Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Grégoire Leprince-Ringuet, Robinson Stévenin. (2 h 19.)
Dans Paris occupé par les allemands, l’ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d’un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu’ils aiment, celle des Droits de l’Homme.
Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros.
Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures…
Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944.
Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays. Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende.

samedi 5 mai 2012

Les neiges du Kilimandjaro Guédiguian

Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans… Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent… Ils ont des amis très proches… Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques… Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux jeunes hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit… Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprennent que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.
La force du film tient justement à la  mise à l’épreuve idéologique, tension formidable qui consiste moins à faire le procès des coupables qu’à remettre en cause les victimes. Car, en plein délabrement social, c’est bien cette génération sujette à l’autosatisfaction et désignée par la suivante comme privilégiée que sonde Guédiguian, entre courage, lucidité et tendresse (Télérama)