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lundi 9 mai 2022

Vernon Subutex 2 Despentes

Vernon attend qu'il fasse nuit et qu'autour de lui toutes les fênetres se soient éteintes pour escalader les grilles et s'aventurer au fond du jardin communautaire. Le pouce de sa main gauche le lance, il ne se souvient plus comment il s'est fait cette petite écorchure, mais au lieu de cicatriser, elle gonfle, et il est étonné qu'une blessure aussi anodine puisse le faire souffrir à ce point. Il traverse el terrain en pente, longe les vignes en suivant un chemin étroit. Il fait attention à ne rien déranger. Il ne veut pas faire de bruit, ni qu'on détecte sa présence au matin. Il atteint le robinet et boit avec avidité. Puis il se penche et passe sa nuque sous l'eau. Il frotte vigoureusement son visage et soulage son doigt blessé en le laissant longuement  sous le jet glacé. Il a profité, la veille, de ce qu'il faisait assez chaud pour entreprendre une toilette plus poussée, mais ses vêtements empestent tant qu'après les avoir remis, il se sentait encore plus sale qu'avant de se laver.

Le roman est passionnant même s'il est un cran en-dessous du premier. le phénomène qui se crée autour de Vernon manque de crédibilité. L'ambiance hippie, les amitiés qui se croisent, les amours qui naissent et Vernon, amorphe et silencieux, qui communique en jouant les DJ ou en serrant dans ses bras les âmes en peine finissent par devenir un brin pathétiques. Mais la curiosité l'emporte sur le léger ennui provoqué. le livre se lit bien, vite, Despentes est critique, acide, fulgurante comme on l'aime et on a hâte de retrouver Vernon et sa bande dans le tome final.

jeudi 28 avril 2022

Vernon Subutex 1 V. Despentes

Les fenêtres de l'immeuble d'en face sont déjà éclairées. les silhouettes des femmes de ménage s'agitent dans le vaste open space de ce qui doit être une agence de communication. Elles commencent à six heures. D'habitude, Vernon se réveille un peu avant qu'elles arrivent. Il a envie d'un café serré. d'une cigarette à filtre jaune. il aimerait se griller une tranche de pain et déjeuner en parcourant les gros titres du Parisien sur son ordinateur.

Alex Bleach, une star de la musique, vient de mourir. Overdose dans la baignoire. Coup dur pour ses fans et pour Vernon Subutex. Ce n'est pas seulement un ami qu'il vient de perdre mais aussi celui qui paie son loyer depuis plusieurs mois. Dorénavant, le voilà à la rue. Ancien disquaire au "Revolver", il a connu des années fastes, dans l'insouciance et la désinvolture. Mais le magasin n'a pas survécu aux nouveaux supports musicaux. le voilà obligé de le fermer. Les indemnités sucrées et vivant bon an mal an grâce aux ventes de ses stocks sur internet. Et surtout grâce à Alex. Bref, maintenant, Vernon n'a plus rien, pas même un toit. Il appelle à la rescousse les anciens potes, plus ou moins perdus de vue, sans leur avouer qu'il est à la rue. Sans y prêter plus d'attention que ça, il détient des cassettes sur lesquelles Alex Bleach s'est filmé. Cassettes qui deviendront un objet de convoitise... 

Deuxième lecture et davantage aimé ce personnage paumé et tendre.

mardi 18 octobre 2016

Vernon Subutex V.Despentes

Les fenêtres de l'immeuble d'en face sont déjà éclairées. les silhouettes des femmes de ménage s'agitent dans le vaste open space de ce qui doit être une agence de communication. Elles commencent à six heures. D'habitude, Vernon se réveille un peu avant qu'elles arrivent. Il a envie d'un café serré. d'une cigarette à filtre jaune. il aimerait se griller une tranche de pain et déjeuner en parcourant les gros titres du Parisien sur son ordinateur.
Disquaire à Paris, dans son magasin à l'enseigne de Revolver, « pendant plus de vingt ans, qu'il vente ou qu'il ait la crève, il avait monté le putain de rideau de fer de sa boutique, coûte que coûte, six jours par semaine. Mais c'est fini, tout ça. En 2006, le magasin a fermé, et, à 40 ans, le vieil enfant du rock s'est retrouvé au chômage, sans indemnités. Bref, aujourd'hui, Vernon Subutex est à la rue.

Virginie Despentes à travers cet antihéros radical, sa dé­ambulation dans Paris, au jour le jour, ses hébergements provisoires, ses rencontres éphémères dresse de la société pleinement contemporaine une formidable radioscopie, rapide, âpre, crue, fourmillante, proliférante, et surtout remarquablement incarnée. Une vue en coupe minutieuse, tout ensemble fresque sociale et comédie humaine intimiste, de plain-pied dans l'époque et ses multiples violences faites aux individus, au plus près des pensées, des émotions de ses mille et un personnages : hommes et femmes, bourgeois et paumés, quinquas et adolescentes, gosses de riches et de banlieue, conquérants et vaincus..., dont les voix se succèdent et s'enchaînent pour composer un choeur discordant, trivial, tout à la fois véhément et poignant. (Télérama)