vendredi 31 juillet 2026

Montségur L.Mirepoix

Avant le grand émoi qui vint bouleverser sa vie, Jordane était une enfant de soleil qui mûrissait comme un jeune fruit sur les coteaux lumineux. Son père, troubadour de belle humeur, possédait, en fief du Comté de Foix, la petite seugnerie de Montaure, à travers laquelle il rêvait et chassait, heureux de vivre et de voir vivre les autres. Il n'avait pas de serfs, lesquels devenaient de plus en plus rares, au XIIIè siècle, dans le midi de la France. Ses vilains, libres de leurs personnes, possédaient la terre en censive, moyennant la redevance établie en de vieux accords. chacun demeurait soumis, comme tout homme ici-bas, à une justice. Le seigneur l'exerçait en ses plaids, assisté de gens de toute condition.

Dernier bastion de la révolte albigeoise, haut lieu de la foi cathare, la forteresse de Montségur couronne un mont hautain, isolé de tous les autres sommets. Mais sous le commandement de Guy de Lévis, les chevaliers venus du Nord où règne Saint-Louis se sont juré de réduire ce nid d'aigle réputé inexpugnable. C'est le choc de deux religions, c'est une étape décisive vers l'unité du royaume de France. Jordane, si belle et si violent, est le symbole de cette ultime révolte. Pour elle, pour Gauthier, pour le Frère Jean de Navarre, ce refus de céder à la force signifie la mort, mais une mort qui leur assurera l'éternité déniée à leurs adversaires.

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