lundi 10 mars 2008

L'élégance du hérisson de Muriel Barbery


Apparemment, de temps en temps, les adultes prennent le temps de s'asseoir et de contempler le désastre qu'est leur vie. Alors ils se lamentent sans comprendre et, comme des mouches qui se cognent toujours à la même vitre, ils s'agitent, ils souffrent, ils dépérissent, ils dépriments et ils s'interrogent sur l'engrenage qui les a conduits là où ils ne voulaient pas aller. Les plus intelligents en font même une religion: ah, la méprisable vacuité de l'existence bourgeoise! Il y a des cyniques dans ce genre qui dînent à la table de papa: "Que sont nos rêves de jeunesse devenus?" demandent-ils d'un air désabusé et satisfait. "Ils se sont envolés et la vie est une chienne." Je déteste cette fausse lucidité de la maturité. La vérité c'est qu'ils sont comme les autres, des gamins qui ne comprennent pas ce qui leur est arrivé et qui jouent aux gros durs alors qu'ils ont envie de pleurer.

vendredi 7 mars 2008

L'empreinte du renard de Moussa Konaté

Elle marchait à grandes enjambées, à travers ronces et épines, sans rien voir,sans rien entendre. Bien qu'il fût à peine dix heures, le soleil brûlait. Sur un terrain vague, des enfantsjouaient au football dans un joyeux tohu-bohu. Elle avançait, parmi eux, au milieu des propos et des rires moqueurs que provoquaient les coups de pied ou de tête qu'elle donnait involontairement au ballon.
-Vive Yalèmo! Vive Yalèmo! scandaient ironiquement les sautereaux en s'esclaffant et en dansant autour de la jeune fille qui suait et soufflait. Or Yalèmo n'entendait ni ne voyait toujours rien. Elle franchit l'aire de jeu, s'engagea dans la ruelle menant au village, dont on pouvait apercevoir encore les toits de chaume.

vendredi 29 février 2008

EOI des écoles de langue à exporter

Les Ecoles Officielles de Langues sont des établissements d'enseignement public qui existent depuis presque 100 ans déjà.
Populaires, prestigieuses,plus de 200 EOI réparties partout en Espagne, on peut y apprendre jusqu'à 22 langues différentes.Des certifications reconnues par l'Etat pouvaient s'obtenir à la fin de la 3ème et la 5ème année.
La nouvelle loi LOE a changé tout celà, une année d'études supplémentaire, six ans au lieu de cinq pour en arriver à un niveau B2 du Cadre Européen.
Les élèves et les profs manifestent leur mécontentement.

mardi 19 février 2008

A bras-le-coeur Mehdi Charef

Enfant, je portais des robes, c'est ma mère qui me l'a dit. Elle n'avait pas les moyens de m'acheter des pantalons. Une robe pour un enfant, ce n'est qu'un bout de tissu, ce qu'il y a de moins cher. Et puis, dans notre hameau planté au sommet d'un reg caillouteux, loin de la ville, il n'y avait pas de honte à ce qu'un garçon de quatre ans erre et joue nu-pieds ainsi vêtu.

vendredi 15 février 2008

Ni putes ni soumises Fadela Amara

Au-delà des violences faites aux femmes dans les cités et dans la société française toute entière, il est temps de réfléchir à ce que celle-ci veut faire de ses banlieues. Nous l'avons vu, la virilité poussée à l'extrême, la dérive des quartiers vers le ghetto, le désespoir de toute une génération de jeunes et leur impression d'être rejetés du reste de la société, trouvent leurs racines dans un abandon, lent mais inexorable, des habitants de ces quartiers par les pouvoirs publics.

mercredi 6 février 2008

Les Sindbads marocains/ El hilo de Penélope Fatima Mernissi


Deux titres pour un même livre. Du fil de Pénélope à la trame des tapis marocains, on en arrive tout naturellement au fil de l'araignée du web. Un Maroc extraordinaire qui surprend, ignoré des guides touristiques, c'est le royaume du civisme. Mernissi enquête sur l'impact du satellite après la première guerre du Golfe en 1991 et sur l'apparition des paraboles. Ce Maroc qu'elle nous propose de découvrir est surtout celui des jeunes ruraux, ceux des montagnes (Haut Atlas) et des déserts (Figuig, Zagora) qui bougent et utilisent plus l'Internet et l'énergie solaire que les citadins qui habitent Casablanca.