jeudi 13 décembre 2007

Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini

"Je suis devenu ce que je suis aujourd´hui à l'âge de douze ans, par un jour glacial et nuageux de l'hiver 1975. Je revois encore cet instant précis où, tapi derrière le mur de terre à demi éboulé, j'ai jeté un regard furtif dans l'impasse située près du ruisseau gelé. La scène date d'il y a longtemps mais, je le sais maintenant, c'est une erreur d'affirmer que l'on peut enterrer le passé: il s'accroche tant et si bien qu'il remonte toujours à la surface. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que je n'ai cessé de fixer cette ruelle déserte depuis vingt-six ans."

dimanche 9 décembre 2007

La jeune fille et la mère de Leïla Marouane

"Il n'avait rien à faire par là, mon père. Ce n'était ni son chemin habituel ni son lieu de prédilection.
Quelqu'un m'a denoncée, me suis-je alors dit, et mon père a attendu le moment propice pour me surprendre. Peut-être aussi.Ou bien était-il à l'origine de ce délit en apparence par moi seule commis, me suis-je encore dit. Et je n'ai rien trouvé de mieux àfaire que de tourner de l'oeil.
Qu'il m'ait surprise par hasard, que j'aie été dénoncée, qu'il ait lui-même tout organisé ne me sortait pas du pétrin, et ne changerait en rien sa décision de se débarrasser de moi, plus vite qu'il ne l'avait lui-même prévu, et de la façon la plus légale qui soit.
Devant Allah et devant les hommes."

samedi 8 décembre 2007

Le monde comme il va Voltaire

-"Babouc, les folies et les excès des Perses ont attiré notre colère; il s'est tenu hier une assemblée des génies de la haute Asie pour savoir si on châtierait Persépolis ou si on la détruirait. Va dans cette ville, examine tout;, tu reviendras m'en rendre un compte fidèle; et je me déterminerai sur ton rapport, à corriger la ville ou à l'exterminer."

Babouc y alla donc et ne manqua pas de s'étonner."Inexplicables humains, comment pouvez-vous réunir tant de bassesseet de grandeur, tant de vertus et de crimes?"

A son retour, Ituriel "résolut de ne pas même songer à corriger Persépolis, et de laiiser aller le monde comme il va. Car, si tout n'est pas bien, tout est passable.

mercredi 5 décembre 2007

Camille Claudel par Reine-Marie Paris


"Le photographe César fixa en 1884, d'un magistral déclic, l'impérieuse Camille Claudel dans l'éclat de ses vingt ans, à l'heure où sa vocation se nouait. Elle était d'une beauté prometteuse, cette jeune fille, mais non d'une beauté neutre, ou invitant à la conquête. C'est le portrait d'une conquérante qui nous est montré, dont le vouloir-vivre et le vouloir créer tendent le regard à l'extrême.
Or, le destin de femme de cette superbe jeune fille fut un désastre. Riche des dons les plus éminents, talent, intelligence et courage, aidée des heureux hasards qui ouvrent et jalonnent une carrière artistique hors du commun, des parents peu contrariants , des maîtres excellents, dont l'un, incomparable, fut mème bien plus qu'un maître, elle s'effondra, précipitée dans la stupeur et la nuit par un vertige encore mal connu."

lundi 3 décembre 2007

Camille Claudel Le génie est comme un miroir


Le 19 octobre 1943, en pleine Occupation, Camille Claudel, sculpteur, mourait d'un ictus apoplectique à l'asile psychiatrique de Montdevergues, aux portes d'Avignon, où elle venait de passer trente années de réclusion. Ses funérailles eurent lieu le lendemain, et furent bien "convenables" aux dires de l'abbé Félix Boutin, aumônier de Montdevergues. L'assistance se réduisait au personnel de l'hôpital et aux prêtres qui y officiaient. On ne pouvait s'attendre à une foule.

samedi 1 décembre 2007

L'enfant ébloui Rachid O.


"Pendant ma première année à l'école, on avait un professeur qui aimait chanter. A la fin du cours, elle nous faisait écouter sa voix. Tout ça pour dire qu'elle nous amusait. Une fois, elle a posé la question à toute la classe de ce qu'on voulait devenir, le métier que chaque élève souhait faire plus tard, ce dont il rêvait avec son explication. J'ai regardé mon copain à côté et j'ai vu qu'il avait un rêve et que c'était de devenir médecin. Moi, je me suis dit "Je n'ai rien à dire", je n'avais aucune envie d'un métier comme médecin qui ressemblait à avocat ou professeur comme d'autres aussi avaient l'idée. Tout à coup j'ai pensé que ce que je voulais, je n'osais pas le dire, c'était d'être le héros d'un livre, le personnage principal dans le roman d'un écrivain."