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lundi 7 mars 2022

Un héros A. Farhadi

Iran, 2021 Drame 2h 07 min Réalisateur Asghar Farhadi  Avec Amir Jadidi, Mohsen Tanabandeh, Sahar Goldoost.

Récit d’un homme emprisonné suite à une insolvabilité pour un crédit qu’il n’a pu rembourser après une faillite. Ce dernier s’efforce de trouver un moyen de ne pas retourner en prison durant ses quarante-huit heures de permission. Sa compagne, qui trouve un sac rempli de pièces d’or à un arrêt de bus, lui offre une opportunité qu’il envisage un temps comme moyen de négocier le remboursement de sa dette conséquente. Mais cette option ne pouvant se concrétiser, il décide alors de faire circuler une annonce pour restituer le sac bien garni à sa propriétaire – qui se manifestera rapidement mais ne donnera guère d’indications sur son identité. Apprenant son geste noble, la direction de l’établissement pénitentiaire décide de médiatiser son acte pour valoriser le comportement des prisonniers. Un élan de solidarité nait alors, lui permettant un temps d’espérer d’éponger une partie de sa dette et d’obtenir un peu de clémence de la part de celui qui a porté plainte contre lui…

Farhadi excelle dans sa description d’une société codifiée qui contrôle les individus à outrance, où un homme ordinaire peut devenir un héros ou un moins que rien au gré des circonstances. Il dénonce sans concessions les rouages d’une administration bureaucratique, les ambiguïtés de l’action associative, le cynisme de la téléréalité et même les ravages des réseaux sociaux : en Iran comme partout dans le monde, la réputation d’un individu se fait désormais par la voie numérique et les nouveaux lyncheurs ont désormais un compte Facebook ou Instagram. Nul manichéisme pourtant dans la vision de Farhadi. Si les personnages de la sœur (Fereshteh Sadre Orafaee) ou du chauffeur de taxi sont des modèles de bienveillance, d’autres protagonistes peuvent laisser planer un doute sur leurs traits de personnalité.

Et si Rahim lui-même était un manipulateur ? La fille en apparence malveillante de Braham (Sarina Farhadi) n’agit-elle pas au nom de l’amour d’un père ?  L’une des richesses du cinéma de Farhadi réside précisément dans cette vision contrastée des rapports humains, qui nous fait constamment douter de ce que nous voyons et entendons. Quant à la mise en scène, elle est un modèle de sobriété et d’épure (plans-séquences minimalistes, absence de musique), qui n’empêche en rien de suivre le déroulement de l’action comme s’il s’agissait d’un thriller. Et pour la première fois, Farhadi apporte une authentique touche émotionnelle (par la voie du personnage d’un enfant), sans glisser vers la sensiblerie. Au final, Un héros est un film majeur et devrait trouver un large public.

dimanche 16 septembre 2018

Todos lo saben A.Farhadi

2018 España/Francia/Italia Drama 132min Dirigido por Asghar Farhadi Con Javier Bardem, Penélope Cruz, Ricardo Darín, Bárbara Lennie, Inma Cuesta, Eduard Fernández.

La película arranca en un campanario y con unos pájaros revoloteando en su interior. Una imagen propia de un clásico film de suspense.
Laura (Penélope Cruz) y sus dos hijos (la adolescente Irene y el pequeño Felipe) llegan a España para asistir a la boda de la hermana de la protagonista. En Buenos Aires ha quedado su marido Alejandro (Ricardo Darín) por cuestiones laborales. En el pueblo donde está la casa familiar Laura se reencuentra con su familia y también con Paco (Bardem), su ex-novio, hoy casado con Bea (Bárbara Lennie) y dueño de un próspero viñedo. Los primeros minutos se concentran en la llegada de los invitados, el casamiento en la iglesia y la fiesta. En medio de la celebración, se produce un corte de luz y se destata una tormenta. Irene desaparece. A los pocos minutos sus captores escribirán mensajes pidiendo un rescate de 300.000 euros.El rítmo se ralentiza, todos parecen tener motivos para el secuestro. Secretos y mentiras, traumas y miserias en la familia, secretos a voces que todos conocen.
Le sobran unos 15 min, se hace larga y aburida. Al ser una película coral cuesta identificar a los personajes, se tarda en entrar en la historia. Claramente lo de menos es el por qué, el quién y el cómo del secuestro, al director le interesa la familia y las relaciones que se establecen en ella, los intereses, los rencores, las envidias...el thriller no queda resuelto.Bardem lo borda, la escena en su casa con Bea, el viñedo al fondo, de gran belleza.


mercredi 15 mars 2017

El viajante Farhadi

 2016 Irán-Francia, Drama, 125mn Director Asghar Farhady Con Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti, Mina Sadati, Babak Karimi, Farid Sajjadi Hosseini, Maral Bani Adam, Mehdi Koushki

Cuenta la relación sentimental de una pareja de actores de teatro, Emad y Rana, que están interpretando la obra de Arthur Miller “La muerte de un viajante” 1949. El drama familiar se va así a desarrollar paralelamente en la obra teatral y en la ficción cinematográfica con ese drama vivido por la pareja de actores.
Un día volviendo del teatro Rana es agredida sexualmente en el piso en el que acaban de instalarse, en una precipitada mudanza. Farhadi muestra de forma sutil todos los prejuicios que se expresan tanto en el vecindario, como entre los colegas del teatro, incluso en esa franja de la sociedad del mundo de la cultura. La víctima de una violación o agresión sexual, pues no se explicita cual ha sido la gravedad de los hechos, aparece siempre como sospechosa o culpable de haber provocado al agresor.
 Al sufrimiento de su esposa que se siente juzgada y debiendo justificar su inocencia, se añaden las dudas y la violencia interior que van a conducir al marido a investigar  el caso, hasta  descubrir al misterioso agresor. Con mucha sensibilidad Farhadi plantea en su brillante desenlace la cuestión ética de la culpabilidad, de la vergüenza del que dirán, del orgullo, de la sed de  venganza, y del perdón, pero también de los prejuicios sociales que conducen a la pareja a no presentar una denuncia ante la policía.
Una agresión que va a provocar la crisis en la pareja, en un crescendo dramático, como el que conduce a la muerte del viajante en la obra teatral de Arthur Miller.
Magnífica.

mercredi 22 avril 2015

A propósito de Elly? Asghar Farhadi.

2009
Interpretación: Golshifteh Farahani (Sepideh), Taraneh Alidousti (Elly), Mani Haghighi (Amir), Shahab Hosseini (Ahmad), Merila Zarei (Shohreh), Peyman Moadi (Peyman), Rana Azadivar (Nassi), Ahmad Mehranfar (Manouchehr), Saber Abar (Alireza).
 Ce film raconte l'histoire d'un groupe d'amis qui va passer quelques jours de vacances sur le bord de la mer. Trois jeunes couples, trois enfants, un Iranien qui vient de divorcer de sa femme allemande et ...Elly, une jeune fille qui travaille dans un jerdin d'enfants et s'occupe de la fille de Sepideh.
La joie, les rires, l'insouciance du début des vacances va être brutalement interrompue par un événement qui déclenche l'horreur, le mécontentement, la culpabilité, la colère, l'incompréhension des amis.
Les scènes dans l'eau sont angoissantes. Le mystère autour d'Elly reste entier. Les tapports homme-femme. Le mariage. Pas de téléviseur, pas d'écran entre les personnages, seulement un portable qui ne peut-être utilisé par manque de couverture. Un microcosme qui nous engloutit. Excellents acteurs.
 

lundi 10 octobre 2011

Nader y Simin Una separación Farhadi



2011 Interprètes: Leila Hatami, Peyman Moaadi, Shaab Hosseini
Le film d'Asghar Farhadi a été sélectionné pour représenter l'Iran à la sélection du meilleur film étranger pour les Oscars.
Incapable de s'occuper de son vieux père atteint de la maladie d'Alzheimer, Nader doit engager une aide-soignante. Il embauche une mère de famille dans le besoin, qui accepte ce job sans l'accord de son mari, chômeur dépressif, violent, conservateur. Cette femme, Hodjat, qui vient remplir sa tâche flanquée de sa gamine, est d'abord confrontée à un dilemme : le vieillard se pisse dessus, elle doit le changer, le laver, lui ôter son pantalon, ce qui, en regard de ses convictions religieuses et des usages qu'elles impliquent, constitue un péché.
Hodjat commet une faute : elle laisse un moment le vieux sans surveillance. Licenciée, elle revient sonner chez son employeur pour être payée de ses heures de travail. Nader, prétextant qu'elle a manqué à ses devoirs, refuse de la dédommager, la repousse sur le palier. Elle tombe dans l'escalier et accuse Nader d 'avoir  provoqué une fausse couche.
Dans sa simplicité ce film qui veut raconter l'Iran d'aujourd´hui est un documentaire qui excelle à nous montrer les sentiments des différents personnages, la morale, la religion, les classes sociales, tout y est. J'ai adoré. Crítica de Carlos Boyero