Cette
chronique de l'après guerre évoque par petites touches l'évolution de
la société française à travers les souvenirs de l'auteur et sa propre
expérience. Ecrit à la troisième personne, il porte un regard
presqu'extérieur sur la femme qu'elle était. Elle se souvient, de
conversations de table quand elle avait 6 ans, de la télévision qu'on
regardait au café du coin, de la première voiture et de ce type qui
vantait Paic Citron sur Europe 1, des vacances en Espagne si bon marché,
de 68 et de Sartre, de Kiri le Clown et de la petite ville normande où elle a grandi. Les couches de mémoire se sédimentent et Annie Ernaux exhume
60 ans d'impressions, de jalons qui marquent une époque, un moment du
temps.
Le récit d'Annie Ernaux est
très touchant. il nous renvoie à notre condition d'étoiles filantes qui
accumulent expériences, sensations, souvenirs et connaissances,
importantes ou dérisoires mais qui pour la plupart sont vouées à
disparaître avec nous et, en même temps, il rappelle de manière
saisissante ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, ces
milliers de minuscules sensations, de plaisirs plus ou moins grands, de
secondes où le bonheur surgit d'un rayon de soleil ou d'une odeur
retrouvée.

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