La
séquence inaugurale du livre surprend,elle nous plonge dans la
vie d'une horde d'hommes et de femmes préhistoriques. Malgré les éléments,
le froid, la mort avant trente ans, la vie se perpétue : accouplements,
accouchements, bébés vivants ou non. Pour survivre, il faut chasser,
pêcher, préparer les repas, se retrouver au camp. C'est de ce camp que
partent des chasseurs dont un père et son fils qui ne tarde pas à faire
ses preuves.
Brusquement, changement d'époque, voilà le fils de l'homme, avec son père au volant, conduisant la mère et ce fils dans un endroit perdu, en montagne, loin de tout : Les Roches. Les principaux protagonistes de cette
histoire terrible n'ont pas de prénom, pas de nom. Trois semaines auparavant,
alors que le garçon jouait dans la petite cour d'une maison très
modeste, un homme arrive : son père ! Il réapparaît alors qu'il a
disparu depuis six ans. La mère est au travail. Il mange, s'installe et
fume beaucoup.
Par petites touches, l'auteur révèle le passé de cet homme qui inquiète
et fascine en même temps. Petit à petit, on découvre son passé et
l'histoire de son père, le grand-père du gosse, celui qui a créé ce lieu
improbable, Les Roches, où le père va obliger mère et fils à vivre, à
survivre.
Cette mère a été maman à
dix-sept ans alors qu'elle ne voulait pas d'enfant. Elle en a vingt-six
quand le père revient et elle est… enceinte !
Tensions, menaces, recherche d'un bonheur impossible à trouver dans des
conditions de vie extrêmes, cette maison, Les Roches, le père l'a
retapée, y a stocké des vivres et le cadre peut se révéler idyllique au
printemps, ce printemps en montagne magnifiquement décrit.
Une terrible violence rentrée est prête à sourdre à tout moment, une nature vibrante et une fin qui n'en est pas une.
A quoi sert de voyager si tu t'emmènes avec toi ? C'est d’âme qu'il faut changer, non de climat." (Sénèque) Journal de lecture, de coups de coeur et de coups de gueule.
dimanche 13 mars 2022
Le fils de l'homme JB del Amo
Le meneur s'arrête, lève le visage vers le ciel et, l'espace d'un instant, le cercle sombre de sa pupille s'aligne sur le cercle blanc du soleil, l'étoile foudroie la rétine et l'être rampant dan sla boue matricielle détourne le regard pour contempler la valléedans laquelle il chemine en compagnie des siens: une lande battue par les vents, à la végétation rase, parsemée d'arbustes aux formes dolentes; une terre morne sur laquelle flotte en négatif l'image de l'astre du jour, lune noire posée sur l'horizon.
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